Femmes victimes de relations d’emprise : comment se protéger juridiquement ?
- Maxime BELAID

- 22 déc. 2025
- 3 min de lecture
Les femmes confrontées à une relation marquée par une domination psychologique, un contrôle insidieux ou des violences non physiques se heurtent souvent à une difficulté majeure : faire reconnaître juridiquement ce qu’elles subissent. Cette page a pour objectif de vous expliquer comment la justice raisonne, quelles preuves sont utiles, et comment agir sans vous mettre en difficulté, notamment lorsqu’il existe des enfants.
Me Elsa VALENZA, avocat au barreau d’Aix-en-Provence

Relations d’emprise : de quoi parle-t-on réellement ?
⚠️ Dans le langage courant, on utilise fréquemment l’expression « pervers narcissique ». Ce terme n’a aucune définition juridique ni médicale officielle.
En pratique, les situations rencontrées relèvent souvent :
de violences psychologiques,
de pressions répétées,
d’un déséquilibre de pouvoir dans le couple,
d’un contrôle coercitif progressif.
La difficulté est que ces mécanismes sont :
peu visibles,
rarement spectaculaires,
mais profondément destructeurs.
Pourquoi la justice ne réagit pas aux étiquettes ?
Le juge aux affaires familiales ne statue jamais sur :
une personnalité,
un diagnostic supposé,
un ressenti isolé.
Il statue sur :
des faits précis,
leur répétition dans le temps,
leurs conséquences concrètes, notamment sur les enfants,
et les preuves produites.
👉 Dire « mon ex est un pervers narcissique » ne suffit pas et peut même souvent se retourner contre vous et fragiliser un dossier si cette affirmation n’est pas étayée.
Le principal risque : le retournement du dossier
Dans un contentieux familial, une accusation globale et mal documentée peut être requalifiée en :
conflit parental,
volonté d’éviction de l’autre parent,
instrumentalisation supposée de l’enfant.
Dans ce cas, la justice cherche à apaiser, et non à protéger. C’est pourquoi la stratégie probatoire est déterminante.
Comment transformer une situation vécue en dossier juridique exploitable
1. Documenter systématiquement les faits
Conserver :
SMS, messages, mails, vocaux, datés
captures d’écran horodatées,
courriers datés,
attestations de tiers factuelles neutres et datées.
📌 Sans preuve écrite, la situation reste invisible juridiquement.
2. Tenir un journal factuel
Noter régulièrement :
dates,
faits précis,
paroles exactes,
conséquences observables (stress, peur, impact sur vous et sur les enfants).
❌ Éviter toute interprétation psychologique.
✅ Décrire uniquement ce qui est constatable.
3. S’entourer de professionnels formés
psychologue spécialisé en violences intrafamiliales,
association d’aide aux victimes,
avocat familier des dossiers de violences intrafamiliales.
Une démarche isolée ou précipitée sera toujours contre-productive.
Et lorsqu’il y a des enfants ?
La justice raisonne prioritairement en fonction de :
l’intérêt supérieur de l’enfant,
sa sécurité psychique,
la qualité de l’exercice de l’autorité parentale.
Il ne s’agit jamais de « punir » l’autre parent, mais de :
prévenir un risque,
encadrer les relations,
protéger durablement l’enfant.
Les éléments concernant l’impact sur l’enfant sont donc essentiels.
Ce que la justice peut faire (et ce qu’elle ne peut pas faire)
✔️ Elle peut :
encadrer ou aménager les droits parentaux,
ordonner des mesures de protection,
diligenter des expertises ou enquêtes,
prendre en compte des violences psychologiques établies.
❌ Elle ne peut pas :
poser un diagnostic psychologique,
agir sans preuves,
statuer sur la base d’un ressenti seul.
Message essentiel à retenir
La justice ne fonctionne pas à l’indignation. Elle fonctionne à la preuve, à la cohérence, et à la méthode.
👉 On ne gagne pas en dénonçant.
👉 On protège en démontrant.
Être accompagnée par un avocat compétent à Aix-en-Provence
Me Elsa VALENZA, avocat au barreau d’Aix-en-Provence, accompagne les femmes confrontées à des situations de violences psychologiques ou de relations d’emprise, notamment lorsque des enfants sont concernés.
Chaque situation nécessite une analyse individualisée, respectueuse du cadre légal et de la réalité vécue.
Une première consultation sera indispensable pour déterminer le contour de votre problème.
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